Documents sur la Libération de Foix (Ariège)

Rédigé par Alan

L'année dernière j'ai parlé d'un roman biographique écrit par Brigette Gisquet intitulé 'La guerre à travers mes yeux d'enfant', Où elle retranscrit les souvenirs et les mots de son père Paul Gisquet, ainsi que ceux de sa grand-mère, durant la Seconde Guerre mondiale. 

Tous nos remerciements à Brigitte pour avoir eu la gentillesse de partager encore de photos et documents concernant son père.



Douanes Militaires



La guerre à travers mes yeux d'enfant par Brigitte Gisquet - Une histoire vraie : Lien

Article de presse sur la Libération de Foix (Ariège) le 19 août 1944 : Lien

La Tour Blanche (24) - Conférence - De Gaulle et le Périgord - Lundi 13 septembre 2021

Lundi 13 septembre 2O21 à 2Oh 3O 

Salle polyvalente 

La Tour Blanche (24)

Conférence par Bernard Lachaise



« De Gaulle et le Périgord »

Le Périgord fut, d’abord, pour Charles de Gaulle un lieu de vacances familiales dans la propriété achetée par ses parents, la Ligerie à Champagne-et-Fontaine, au début du XXe siècle. Le jeune de Gaulle – 15 ans - évoque, dans un de ses premiers textes connus, une imaginaire « bataille de Verteillac » !

Plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale, le Périgord fut une terre de résistance qui, comme le général de Gaulle, refusa la défaite de la France. Des Périgourdins figurent parmi les Français libres ayant rejoint celui qui a lancé l’appel du 18 juin. À la Libération, de Gaulle se rendit en Dordogne en 1945. Et le hasard voulut que l’ancienne demeure de la famille de Gaulle, la Ligerie, était devenue la propriété de celle de Jacques Chaban-Delmas, jeune général, Compagnon de la Libération…

Après la Seconde Guerre mondiale, quand de Gaulle entra en politique, en 1947 dans l’opposition puis exerce le pouvoir à partir de 1958, le Périgord fut une terre où il se rendit à de nombreuses reprises mais qui ne lui fut guère favorable, malgré d’éminents soutiens dont, bien sûr, à partir de 1962, Yves Guéna.

Enfin, le Périgord garde la mémoire du général de Gaulle à travers les voies qui portent son nom, dans les villes comme parfois dans les petits villages.

Organisé par le club Histoire Mémoire et Patrimoine de La Tour Blanche et des environs

Plusieurs d'entre vous m'ont demandé si le passe sanitaire ou un test
négatif  étaient exigés.

La réponse est oui, et nous sommes obligés de faire un contrôle à
l'entrée sous peine d'amende.

La conférence est-elle gratuite? le réponse est oui.

Bernard Lachaise aura-t-il ses livres en vente ? encore oui!

Saintes - Discours et quelques photos de la cérémonie du 4 septembre 1944

Un grand merci à Philippe Ciraud-Lanoue pour avoir partager ces photos et le discours de la cérémonie de la Libération de Saintes.



Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués,

Mesdames et Messieurs les Présidents d’associations,

Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux,

Mesdames, Messieurs,

En tant que secrétaire et porte-drapeau de l’association Brigade RAC, fils d’un soldat de la Brigade et en présence de Michèle, fille du Colonel RAC et de sa fille Justine, je voudrais, à l’occasion de la commémoration les combats du 4 septembre 1944, vous lire un extrait des Mémoires de Guerre du Lieutenant Philippe Tenant de la Tour, alias Marie-Antoinette, officier de renseignements et de liaison du 3 ème Bataillon de la Brigade RAC, Bataillon Violette.

– LA BATAILLE DE SAINTES – 4 SEPTEMBRE 1944

Le 4 septembre au petit matin, j’embarque les deux sections de la 1Oème compagnie et son capitaine, Ferrand. Je les accompagne dans ma traction, et nous arrivons à 6 heures à Saintes. J’assigne à Ferrand sa mission: mettre un groupe sur chacun des axes routiers aboutissant à Saintes de Rochefort, Royan et Bordeaux. Il mettra deux groupes pour occuper le pont sur la Charente, l’un côté de la ville et l’autre côté Cognac. Ce dernier avec l’aide du Groupe Papillon qui a des explosifs, devra miner le pont.

Tout est en place; ma traction étant tombée en panne, je la mets dans un garage pour réparation. Elle me fera cruellement défaut au cours de la journée. Puis je renouvelle à la poste les consignes de la veille. Je vérifie les positions des unités en particulier le groupe Orliac qui est sur la route de Royan un peu après la maison de retraite. Il a disposé un fusil mitrailleur en avant à la hauteur de l’ancienne ferme Douillard. Si les Allemands se présentent, il doit le signaler par trois petites rafales, car d’où il est, il voit une assez grande portion de la route de Royan. En redescendant vers la ville, on me hèle d’une fenêtre de la Poste

- êtes-vous un responsable?

- Oui je suis le responsable !

- Eh bien les Allemands viennent de dépasser Pisany ; il y a une

douzaine de camions et même un canon!

Je lui demande de téléphoner à Cognac à l’hôtel François Ier et d’avertir le commandant Violette de faire venir le maximum de renfort, de la part du Lieutenant Marie Antoinette. À ce moment là, le lieutenant Chaumette chef du service des transmissions de Rac arrive à ma hauteur; il conduit un véhicule avec un haut-parleur. Je lui demande de parcourir la ville en demandant aux habitants d’enlever les drapeaux français qui ont surgi à maintes fenêtres et surtout de rester chez eux. Je demande à la Gendarmerie, de faire évacuer le champ de foire, plein d’animaux, car c’est la grande foire du 4 Septembre. J’envoie un soldat prévenir les groupes du pont de se préparer à toute éventualité et d’être prêts à le faire sauter, mais seulement sur mon ordre, ou, à défaut, dès qu’ils apercevront des soldats allemands en haut de la Grande Rue. Seules les deux armes automatiques du pont, côté Cognac seront habilitées à tirer pour permettre l’évacuation du groupe côté ville et empêcher, avant l’arrivée des renforts, tout franchissement du fleuve après que le pont aura sauté.

Ceci fait, je cours à perdre haleine vers la route de Royan pour les avertir de l’arrivée imminente des Allemands. Trop tard, ils débouchent au moment même où j’arrive à la hauteur de tir des deux armes automatiques du poste de la Maison de Retraite.

Qu’y a-t-il d’autre pour tenir face à ces Allemands? Ils sont environ 25O venus en une douzaine de camions. Ils venaient pour ravitailler la base de Royan sur le champ de foire de Saintes. Face à eux nous avons le fusil mitrailleur de la ferme Douillard et celui du groupe qui va supporter tout le choc de la première attaque, sur la gauche de la route, avec le tireur : André MARCHAND (19 ans), de THIVIERS; son chargeur, LANXADE (16 ans), de COUSSAC BONNEVAL et son pourvoyeur; MAZIÈRES (18 ans) de PÉRIGUEUX; un peu en arrière il y a un bazooka (lance torpille) servi par HABONNEAU (19 ans), de NANTHEUIL près de THIVIERS, et chargé par CHENU (19 ans), également de THIVIERS. Je cite ces noms car c’est à eux que Saintes doit de n’avoir pas été réoccupée par les Allemands, et je tiens à ce que leurs noms passent à postérité.

De l’autre côté, côté droit, une mitrailleuse lourde Breda, italienne. Je rappelle qu’il y a deux groupes sur la route de Rochefort et un autre plus à gauche du dispositif de la route de Royan, sur celle de Bordeaux. Le chef Orliac qui est allé s’assurer de la disposition des autres groupes n’est pas sur place.

Dès que le premier camion se pointe, il est 9 heures 3O, le F.M. et la mitrailleuse commencent à tirer. Cette dernière s’étant enrayée dès le premier coup, les servants n’ayant pas d’armes appropriées pour se défendre, se retirent. Déjà la colonne allemande est entièrement déployée devant nous. Alors HABONNEAU tire une première torpille qui rebondit sur la chaussée et explose à hauteur du quatrième camion dont le chauffeur a été blessé au visage par le tir de Marchand; il a stoppé, provoquant l’arrêt de la colonne et l’éjection rapide des occupants de l’ensemble des camions. Les non combattants vont se mettre à l’abri dans les fossés et les tranchées du petit champ de manœuvre qui est près de la ferme Douillard,où ils seront pris à partie par les groupes de la route de Rochefort, pendant que le commando de défense s’installe avec une mitrailleuse dans le fossé gauche par rapport à nous. HABONNEAU tire alors la seconde torpille qu’il a mieux centrée. Elle ricoche sur la route, mais s’enfile sous ce quatrième camion. En explosant, elle soulève le camion, qui se met en travers bloquant la colonne qui ne peut plus avancer. Les Allemands tenteront bien de le dégager mais sans succès en raison du tir de notre F.M. Le chef Orliac arrive, pour prendre en main le dispositif.

Je profite de son arrivée pour retourner à la Poste et appeler Violette. Je lui dis la position dramatique de nos troupes. Il me donne l’assurance que les troupes vont partir. En ressortant je fais disparaître les derniers drapeaux français, et je remonte sur la route de Royan. J’apprends qu’Orliac a été blessé à la jambe et qu’il vient d’être évacué. Heureusement la situation semble s’être stabilisée et je reste là jusqu’à l’arrivée de Violette vers 1O heures et demie. Il a foncé à tombeau ouvert dans une Lincoln Zéphyr qui lui a été donnée par une vieille dame patriote de Cognac. Je le mets au courant de la situation. Le Corps Franc qui le suivait, arrive et SPACH prend en main le dispositif. Dégagé de ma responsabilité, j’ai une réaction terrible de peur rétrospective, la plus terrible peur de toute ma campagne militaire. Me rappelant TULLE et ORADOUR, je pense aux représailles qui auraient pu être exercées sur la population que nous ne pouvions pas faire évacuer si nous n’avions pas eu la bienheureuse torpille d’HABONNEAU!

Vers une heure de l’après-midi toutes les troupes de renfort sont arrivées. Quoique moins bien armés, nous sommes plus du triple des Allemands. Pour faire taire la mitrailleuse allemande qui, depuis le matin, tient en respect l’approche vers les camions, SPACH a envoyé trois gars avec les grenades du groupe canon Oerlikon: MATÉO L’Espagnol, JANSSEN le Belge et KRUPACK le Tchèque qui m’avait accompagné lors de mon équipée de BARBEZIEUX. C’est une parfaite réussite. À partir de ce moment les choses tournent complètement à notre avantage. Malgré le mouvement enveloppant des 9ème et 12ème compagnie, les Allemands se défendront jusqu’à la tombée de la nuit. Il faut signaler la tenue du capitaine allemand qui dirige le commando de protection. Prenant une mitrailleuse M.G 42 qu’il colle sur son flanc il tente de neutraliser notre fusil mitrailleur. Blessé une première fois puis une deuxième; il continue son tir début sur la route, et est finalement abattu. 

A la nuit, les Allemands profitent de l’obscurité pour faire demi-tour avec les camions qui leur restent. Ils y sont serrés comme dans une boite de sardines. Ayant compris leur mouvement, j’envoie les deux jeunes aspirants Alsaciens: ERAHRT et SCHALK de la 12ème compagnie, avec chacun un F.M. et deux boites chargeurs, se rendre en toute hâte, par les champs, en haut de la côte qui était en face du stand de tir et là arroser à bout portant les camions à leur passage. C’est un carnage!

Malheureusement nous avons brûlé la plupart de nos munitions, et nous ne pourrons donc pas profiter, pour les poursuivre, du choc que cela a provoqué à ROYAN. À ce moment, il n’y avait pas de défense ou de fortifications côté terre, elles étaient vers la mer. Ce qui ne sera plus le cas en avril 1945.

Le coût en hommes, chez nous est de cinq morts et une dizaine de blessés. Parmi les morts il y a Bernard GASTON, dit «METRO» celui de SAINT JORY; et un sergent Algérien: VEYRAT, qui était arrivé deux jours plus tôt à COGNAC.

Du côté Allemand il y a sur place dix-sept morts dont le capitaine ainsi que le chef de la gestapo de ROYAN un dénommé GOERTZ, tué par la torpille. J’ai ramassé sa serviette qui comprenait une liste des noms de personnes à arrêter.

D’après la Résistance de Royan il y aurait eu, y compris les dix-sept restés sur place, 182 tués et blessés.

Le lendemain matin, je retourne sur les lieux des combats pour inspecter les camions. Je repère un canon de 2O mm allemand que je donne à SPACH. Les dix-sept cadavres sont alignés sur le trottoir. Je fais ramasser par PÉRIER les livrets militaires, les portefeuilles et papiers pour les envoyer aux familles quand la guerre sera finie. Puis je les fais déchausser pour récupérer leurs bottes et les donner à nos gars qui marchent avec des pantoufles (oui il y en a!) ou des souliers usés.

Comme je l’ai dit plus haut, nous n’avions plus de munitions en quantité suffisante pour pouvoir poursuivre les Allemands. Mais cette bataille de SAINTES avait provoqué une grande inquiétude aux troupes d’occupation de ROYAN. Ils n’avaient jamais eu l’occasion de tomber sur une défense aussi sévère, au point que, d’après la Résistance de ROYAN, ils ont cru un moment qu’il s’agissait de troupes américaines parachutées dans le coin. L’usage du bazooka, l’intensité des tirs d’armes automatiques, et le fait qu’ils avaient été presque complètement encerclés, ne put leur faire croire qu’il s’agissait de troupes du Maquis.

Aurions-nous vraiment pu libérer ROYAN, en profitant de ce désarroi?

Peut-être, en tenant compte de la reddition de Rochefort huit jours plus tard.

Mais il nous manquait pour cela, en dehors de la pénurie de munitions, l’appui des deux autres bataillons encore dispersés autour d’ANGOULÊME, car les forces ennemies de Royan comprenaient 8 à 9.OOO hommes avec de l’artillerie.


MERCI POUR VOTRE ATTENTION

Cérémonie de la Libération de Saintes - Le 4 septembre

Rédigé par Alan dans la rubrique Brigade RacÉvènement


Cérémonie du 77ème anniversaire de la Libération de Saintes 
où cinq jeunes résistants de Dordogne-Nord et un Saintais y perdirent la vie.

Le 4 septembre 2O21

16 h 45 : Monument de la Libération cours Paul Doumer

Rassemblement des Personnalités Civiles et Militaires, des porte-drapeaux et des Associations d'Anciens combattants

17 heures :

Arrivée des Autorités

Dépôt de gerbes par les Autorités

Sonnerie aux Morts

Minute de silence

La Marseillaise

Le Chant des Partisans

Lecture des différents messages

Les Autorités vont saluer les porte-drapeaux

Fin de la cérémonie


Sainte Catherine (16) - Photo de la cérémonie du 25 août 2021

Sainte Catherine, Charente - Photo de la cérémonie du 25 août 2O21


Stèle à la mémoire de deux combattants de la 3ème compagnie de la Brigade Rac, Jacques Joly et Mathieu Grolhier ainsi qu'un habitant de Sainte-Catherine Jean Duconge tués sur le bord de la route de Périgueux le 25 août 1944
 

Georges Lautrette - mort pour la France le 18 août 1944

 Rédigé par Alan dans la rubrique  Brigade Rac


Pour commémorer la vie de Georges Lautrette, mort pour la France il y a 77 ans le 18 août 1944, j'ai transcrit l'hommage rendu par l'hebdomadaire Forces Françaises édité par la Brigade Rac A.S. Dordogne-Nord (parution numéro 15 : 22 au 29 Nov. 1944).

Au mémorial de l'Armée Secrète

Georges Lautrette 

Un magnifique héros de la Résistance, qui fut l'un des fondateurs du Secteur-Nord de la Dordogne.

Le 3O octobre 1944 avaient lieu à Thiviers, les obsèques solennelles du Lieutenant Georges Lautrette, mort pour la France. Toute la ville assistait à l'enterrement de celui qui fut l'une des plus pures figures de la Résistance en Dordogne et, conduits par le Commandant Rac - son frère d'armes, son camarade et son chef - de nombreux officiers de la Brigade accompagnèrent ce héros à sa dernière demeure.

Georges Lautrette « Eric »
Georges Lautrette était né le 4 février 1913, à Thiviers. Il exerçait la profession de garagiste dans sa ville natale.  Dès le début de 1943, sollicité par M. Savignac, il est acquis à la Résistance et commence un travail effectif avec le Commandant Rac, en août 1944.
Son métier le désigne pour prendre la responsabilité de toutes les questions concernant les véhicules. Avec un merveilleux courage, un oubli total de soi-même, une infatigable ardeur, il camoufle les voitures, récupère les camions et les autos cachés 
par l'Armée et les remet en état.
Son garage ne travaille dès lors que pour le maquis : peu lui importe ses affaires personnelles, il s'est donné tout entier à la libération du pays.

Avec de faux papiers, sans autorisation officielle, malgré la présence des Allemands et des Miliciens dans la région, il circule jours et nuits pour aider a monter les maquis de la Dordogne-Nord - aussi bien ceux de l'A.S., dont il fait partie, que ceux des F.T.P. Il est de tous les coups durs de la période clandestine, sans exception. En février 1944, malgré des risques énormes, il traverse toute la Dordogne en voiture à essence pour faire un coup de main. C'est lui qui accomplit les liaisons dangereuses à Paris, où il échappe de justesse à la Gestapo, au moment où l'un des fondateurs du Sector-Nord est arrêté.
Résistant complet, il mène de front les opérations les plus diverses et les plus délicates : mise hors d'état des batteuses et des scieries, camouflage de blessés et d'armes à son domicile, participation aux parachutages, coupures et sabotages de voies ferrées, arrestations...
Sa maison est une boîte à lettres, un relais, ou quatre mois avant le débarquement, il reçoit déjà dix personnes par jour. Le Commandant Rac et sa famille y trouvent asile, ainsi que des aviateurs américains de passage.


Impeccable, en ordre parfait,
c'est la Musique de la Brigade Rac qui défile.
Il sacrifie tout à la Résistance : son foyer, son métier, son repos. Et, en avril 1944, inquiété une fois de plus par la Gestapo, il est obligé à son tour, de prendre la maquis et de « camoufler » sa famille. Cela ne l'empêche pas d'arrêter à lui seul en pleine ville, trois agents de la Gestapo, et de poursuivre son inlassable action. A Thiviers, il connaissait tout le monde et tout le monde le connaissait et l'estimait : les gendarmes n'étaient-ils pas venus, un jour  lui emprunter une mitraillette. 


A partir du 6 juin, il prend le commandement du parc-autos du Secteur-Nord. Il rassemble ses voitures, les fait tirer en convoi de quinze par le même camion, les met en marche. C'est un travail énorme, c'est un travail accablant. Il en vient à bout, veillant au moindre détail, commandant et exécutant, réparant et ordonnant. Il suit le P.C. partout s'occupe à la fois des voitures, de l'essence, des pièces de rechange et de l’outillage. Et il continue d'être volontaire pour toutes les missions dangereuses.


Le 16 août, il participe à une première opération sur Angoulême qui réussit. Mais deux jours plus tard, retournant à Angoulême le 18 août, il est tué par l'ennemi.

Dans les faubourgs d'Angoulême, avec trois autre combattants de la Brigade Rac, il avait arrêté un camion allemand sous le prétexte de venir remorquer sa propre voiture en panne. L'Allemand fait quelques difficultés, mais finit par accepter. Les quatre F.F.I. - qui sont naturellement en civil, montent sur le camion.


Les obsèques solennelles
 de Georges Lautrette
à l'église de Thiviers
Tout à coup, l'Allemand se ravise. Georges Lautrette sort son revolver et fait traduire ses intentions par l'un de ses camarades qui connait l'allemand.
Le camion poursuit sa route. Mais, passant a proximité de la voie ferrée, devant un convoi d'Hindous, l'Allemand crie au secours. Il est aussitôt abattu par Georges Lautrette. Le camion s'en va à la dérive et stoppe dans une haie, sous une giclée d'armes automatiques.
Le volontaire Chabaneix est tué. Et Georges Lautrette est tué à son tour en descendant du camion, tandis que les deux autres - dont l'un est blessé - réussissent miraculeusement à s'échapper.


Georges Lautrette a donné sa vie à la France. Il avait déjà tout sacrifié à la Résistance : il était prêt au sacrifice suprême. Au mémorial de la Résistance, au mémorial de la patrie, son nom ne s'effacera jamais. A notre frère d'armes, à notre camarade, nous disons ici un dernier adieu. Et notre hommage ultime, c'est de relire, une fois encore, la magnifique citation a l'ordre de l'Armée, qui lui a été décernée.
« Résistant de la première heure, a contribué à la constitution des maquis du Secteur - Nord, participant aux opérations délicates qui ont précédé le débarquement. Depuis le 6 juin, a pris part à tous les combats. Volontaire pour toutes les missions périlleuses. A trouvé une mort héroïque alors qu'il menait, le 18 août 1944, à Angoulême une opération particulièrement dangereuses ».


Forces Françaises édité par la Brigade Rac A.S. Dordogne-Nord 
(parution numéro 15 : 22 au 29 Nov. 1944)


Tous nos remerciements à Marie-Andrée Nicolas, la petite-fille de Georges Lautrette, pour avoir eu la gentillesse de partager quelques photos des obsèques solennelles du 3O octobre 1944 du Lieutenant Georges Lautrette. Egalement une belle photo de Georges et son épouse Andrée, née Cruveilhier.










Sur la route de Bordeaux vers le centre ville d'Angoulême, vous trouverez sur votre gauche (après La Maison Funéraire) une stèle à la mémoire de Georges Lautrette « Eric » responsable du parc automobile de la brigade Rac et de Jean Chabaneix adjudant du 9e Cie de la brigade Rac S.S.S. tuéà l'ennemi à Angoulême le 18 août 1944.




Square Georges Lautrette à côté du Mémorial
 de la brigade Rac à Thiviers

Le 28 août 1977 à l'inauguration du mémorial de la Brigade Rac à Thiviers
De gauche à droite : Lt Col Rac, Mme Nicolas (la fille de Georges Lautrette), 
Mme Charlotte Serre, Jean Nicard « Tom »

A lire également :

Jean Chabaneix - 9ème Cie de la Brigade Rac (lien)

Sainte Catherine (16) - Cérémonie du 25 août 2021

Cérémonie du 25 août 2O21

77ème anniversaire des combats de Sainte Catherine (Charente)


11hOO Rassemblement au monument DUCONGE à Bellevue.

      Dépôt de gerbes.

      Allocutions


11h3O Rassemblement rud du Docteur Jean BOUILLAUD.


11h45 Cérémonie au monument aux morts de la commune place des marronniers.

      Montée des couleurs.

      Dépôt de gerbes.


12h15 Vin d'honneur offert par l'Amicale des Anciens Combattants (devant la nouvelle salle polyvalente rue du stade)


Stèle à la mémoire de deux combattants de la 3ème compagnie de la Brigade Rac, Jacques Joly et Mathieu Grolhier ainsi qu'un habitant de Sainte-Catherine Jean Duconge tués sur le bord de la route de Périgueux le 25 août 1944


Jacques Joly, 16 ans,
tué à Sainte Catherine le 25 août 1944