1944 - Bignac : Naissance et vie d'un maquis charentais

Rédigé par Alain dans la rubrique Maquis Parachutage RéseauDocument et livre
Extrait du fasicule sur le maquis de Bignac Naissance et vie d'un maquis charentais edité par l'amicale des Anciens du maquis de Bignac au Vergeroux
Naissance d'un maquis
Au début de 1944, Bignac est un petit bourg calme dans la campagne charentaise. Même si certains d'entre eux supportent mal l'occupation par les troupes allemandes, ses habitants ne pressentent pas les événements que leur commune va vivre dans les quelques mois qui vont suivre.
A ce moment là, les Brittaniques préparent le débarquement qui aura lieu le 6 juin 1944. Ils mettent au point les stratégies qui suivront. Ils veulent favoriser l'éclosion des groupes de résistants - même petits - dont la mission sera de créer l'insécurité des arrières allemands et de paralyser leurs déplacements par des sabotages.
Mais, pour qu'un maquis ait une existence réelle et puisse agir efficacement, trois conditions étaient indispensables :
1) il fallait une équipe, connue des Brittaniques et bénéficiant de leur confiance, pour établir une liaison sûre avec Londres et obtenir les moyens nécessaires, notamment en armes et munitions ;

2) il fallait aussi qu'un groupe en formation dispose de ce que l'on pourrait appeler la logistique : terrains pour les parachutages, locaux pour les personnes à dissimuler, abris pour stocker armes et munitions,...

3) il fallait enfin des troupes pour la mise en oeuvre, et leur encadrement sans lequel rien n'était possible.
Dans cette perspective, les Brittaniques parachutent en France des agents sûrs qui s'organisent en réseaux. Pour la zone allant de la Loire aux Pyrénées, cette mission est confiée au colonel Buckmaster. Parmi les membres de son réseau, Charles Corbin, ancien inspecteur de police à Bordeaux, obligé de gagner l'Angleterre pour échapper à la Gestapo en janvier 1944, et revenu en France sous le nom de Camille Allyre. En avril 1944, après des péripéties notamment à La Rochelle, et Bordeaux, il se trouve à Angoulême. Albert Chiron, Louis Mien et ses amis qu'il recrute le rejoignent aussitôt, Louis Sirois, opérateur radio canadien complète cette équipe. La condition no. 1 est remplie.
Le premier parachutage organisé par ce petit a lieu dans la nuit du 6 juin 1944 à Bignac. Le lieu a été choisi par Louis Mien qui est le beau frère de René Foucher et connaît bien le terrain. Repéré par des collaborateurs et dénoncé aux allemands, ceux-ci récupèrent la majeure partie des armes et menacent de fusiller 20 otages pris parmi les habitants de Bignac. Heureusement le maire, Alberic Duchais, parviendra à éviter cela.

Cet incident qui aurait pu se transformer en catastrophe aura finalement une conséquence heureuse : Charles Corbin et Henri Duchais, le fils du maire, font connaissance et une union sans failles s'établit entre ces deux hommes au courage exceptionnel. Henri Duchais apporte sa maison pour y établit le PC du groupe, ses terrains pour recevoir les parachutages, le moulin de Moulins pour y cacher le stock d'armes et de munitions. La deuxième condition indispensable à la création d'un maquis est réalisée, c'est véritable naissance du maquis de Bignac.
Ensuite, tout va aller très vite. Henri Duchais est connu, très estimé, on a confiance en lui. A peu après tous les habitants de Bignac mis au courant le rejoignent. Le bouche à oreille fonctionne à plein, et les volontaires venus des communes voisines sont nombreux. Fin juillet 1944, nous sommes une soixantaine dont 8 officiers et 12 sous-officiers. Grâce à un parachutage - réussi celui-là - le 27 juillet, nous sommes bien armés et bien équipés. Le maquis de Bignac est opérationnel. Quelle va être son action pendant les semaines qui vont suivre ?


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Mme Simone Charrier du maquis de Bignac à la stèle inaugurée en 2006 se trouvant à proximité de l'actuel camping de Bignac où ont eu lieu les parachutages
Mme Simone Charrier et quelques autres anciens du maquis de Bignac
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Entretien avec Mme Simone Charrier (lien)
Maquis de Bignac (lien)