Mémoires d'un maquisard : Le groupe Phiphi - Témoignage de Philippe Papon

Rédigé par Alain dans la rubrique Document et livreBrigade Rac


Le récit authentique d'un maquisard du Sud-Ouest
Mémoires d'un maquisard : Le groupe Phiphi 
Auteur : Philippe Papon
Editions Sud Ouest
Le livre est paru en octobre 2014



C'est un splendide témoignage sur la Résistance en Dordogne, en Charente et dans les poches de l'Atlantique. Ce manuscrit, écrit dans les années 1980, a dormi trente ans dans un tiroir. Il est rendu à la lumière par sa fille, Françoise Goulandris-Papon.

Philippe Papon, né 1910, à Saint-Paul-la-Roche, est un des premiers résistants de Thiviers. Il a vécu à Périgueux de la Libération jusqu'à sa mort en 1993. 

Dès 1941, il prend contact avec la résistance naissante, notamment Nivon et Jean Courant (qui deviendra son chef à la 2e compagnie de la brigade Rac) qui cachent le matériel de l'armée. La mère de Phiphi met à la disposition de Nivon les caves de la veille scierie qu'elle possède.

Quant à lui, Phiphi, outre son garage, les deux camions qu'il possède, dont un Berliet gazo-bois neuf, tout est à la disposition de la Résistance. 

Au matin du 6 juin 1944, il quitte sa femme, ses enfants, son garage, et part dans les bois et prendre le commandement du groupe Phiphi, qui participera à la libération de Périgueux, d'Angoulême, de Rochefort et assistera au bombardement de Royan.

« Les hommes du groupe Phiphi ont vécu dans les bois et sous le feu allemand les moments les plus forts et les plus désintéressés de leur existence. Soudés par des moments de partage à nuls autres pareils, ils ont révé à une autre façon de vivre ensemble » (extrait de la préface de Dominique Richard).



Samedi 6 décembre 2014 : Thiviers

Rencontre-signature avec la fille de Philippe Papon auteur du livre "Mémoires d'un maquisard" à partir de 9h30 chez Totem rue Jules Theulier à Thiviers.




Avec l'aimable autorisation de Françoise Goulandris-Papon, la fille  de Philippe Papon trouvez ci-dessous quelques extraits du livre.

Extrait du chapitre Ma Dordogne
À Thiviers, il n'y avait plus aucun garagiste. Mes confrères, Russac, Duguet et Joussely étaient prisonniers. Léon Couzinou et Raymond Beaufils toujours en déportation. Georges Lautrette, Abel Delahaye et moi, en fuite. Toutefois nos voisins de Ribérac étaient dans un pire état puisque tous leurs garagistes avaient été fusillés.

On comptait des déportés dans cent quarante-cinq communes périgourdines. Le 16 février 1944, le maquis A.S. de Pont-Lasveyras était anéanti. Trente-quatre jeunes y étaient massacrés par les nazis. À Rouffignac, les Allemands faisaient brûler cent quarante-cinq des cent quarante-huit maisons que comptait la commune. Ils fusillaient vingt-six otages à Brantome, cinquante-deux à Mussidan. Et bien d'autres subissaient le même sort. Témoin de cette folie barbare, ma femme insistait pour que je reste sur la Côte d'Azur.....



Mes camarades risquaient tous les jours leur vie et je n'étais pas parmi eux. Après avoir été planqué en usine, j'allais être absent pendant l'insurrection, je ne pouvais pas me défiler, il fallait que je rentre.
Extrait du chapitre Libération de Périgueux
Le lendemain, alors que nous quittons la ville, une affreuse nouvelle nous parvint. Georges Lautrette et Jean Chabaneix avaient été tués à Angoulême, Locher et Fraigneau étaient blessés.

Marcel Fraigneau était un de ces cheminots qui avaient abandonné la S.N.C.F. pour rejoindre le maquis, quant à

Locher, c'était le père de notre benjamin, Lulu Locher.

Jean Chabaneix était un ancien, c'est lui qui s'était porté d'Olive (Olivier Proust) lorsque ce dernier avait rejoint le maquis. Quant à Georges, nous étions amis depuis l'enfance, puis associés. Sa femme Andrée et la mienne étaient allées à l'école ensemble. Je réalisai qu'avec sa mort, toute une partie de ma vie s'en allait.
Extrait du chapitre Retour à la vie civile
Je ne m'attardai pas à Thiviers, ma femme et moi prîmes le train pour gagner Nice.

De nouveau, il fallait changer de train souvent, prendre des bateaux, marcher longtemps... Arrivés de bon matin en gare de Marseille, nous constâtames qu'il régnait sur le quai une atmosphère d'exaltation, des marchands de journaux criaient en tendant à bout de bras leur quotidien tout en montrant le titre écrit en grosses lettres : VICTOIRE !

L'Allemagne avait capitulé sans conditions. J'embrassai ma femme. Nous étions bouleversés. Fini, c'était fini.

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Philippe Papon « Phiphi » (lien)