Charles Franc : Héros de la Résistance

Rédigé pars Alain dans la rubrique Maquis Parachutage Réseau, PortraitSection Spéciale de Sabotage
Photos de 2014 : Tony et Alain


Né en 1921, Charles Franc rencontra Jean Lapeyre-Mensignac et René Chabasse, ses camarades de Résistance, pendant ses études au Lycée Saint-Paul à Angoulême. En 1942 il devient agent du réseau « Sol » et effectue des liaisons aériennes permettant l'acheminement de courriers, d'armes.


En même temps, la belle demeure familiale de Charles Franc à Ronfleville près de Malaville (Charente) a servi de refuge, lieu d'attente pour les aviateurs alliés abattus, point d'émission et de réception de la radio clandestine et le quartier général opérationnel pour les atterrissages Lysander sur les terrains « Serin » (situé aux Chaumet-du-Luquet, près du Queroy)  et « Albatros » (situé à l'ile Domage à Angeac). 

Sa maison a été la plaque tournante des opérations aériennes ; elle est un centre très important de Résistance, lieu de réunions de chefs de réseaux ou d'agents venant d'Angleterre, recevant entre autre Pierre Vienot, Pierre Brossolette, Claude Bonnier et Jacques Nancy et leur fournissant nourriture et sécurité, avec la complicite d'autres résistants comme René Rispard, Edmond Duruisseau, Guy Berger, René Chabasse.
Le 13 mai 1944, à la suite d'une denonciation, la Gestapo, accompagnée de spécialistes du génie, fait raser la maison à l'explosif et pille le chai de cognac avoisinant. La photo ci-dessous, trouvée après la Libération dans les archives de la Gestapo, avait été prise par les Allemands juste avant le dynamitage.




La demeure familiale de Charles Franc a été reconstruite en 1950

Suite à l'arrestation de Claude Bonnier en février 1944, Charles Franc dit Le Pointu, puis Clovis quitte sa maison de Ronfleville et accompagné des anciens chefs d'équipe de parachutages aux côtés de Jacques Nancy pour former la fameuse Section Spéciale de Sabotage. En mars 1944 il y a un serie d'arrestations dans le secteur de Châteauneuf : Marcelle Nadaud et sa mère, les époux Noblet et Labrande, Guy Barat, Eric Fabre, Moïse Pastureaud, Roger Desmier et ses fils sont arretés et deportés, ils ne reviendront pas des camps de la mort.

Séraphin     Emile     Jacques     Jacky     Marc     René
Blaireau     Clovis     Antoine
(Camp de Barbezières en Charente : juin 1944)

Clovis, qui participe à tous les sabotages de la S.S.S., est grièvement blessé le 5 juillet 1944. Il sera l'un des nombreaux miraculés de l'hôpital clandestin de Clairvivre qui doivent la vie au professeur Fontaine.

Depuis 2010 un boulevard porte le nom de Charles Franc à Châteauneuf-sur-Charente.




La plaque du boulevard dédié à Charles Franc devant l'école primaire Marcelle Nadaud de Châteauneuf.



Marcelle Nadaud est née en 1911 à La Rochelle. Brillante élève, elle entre à l'école normale d'Angoulême, devient institrutice puis est nomméà l'école de Châteauneuf-sur-Charente. Courageuse et determinée, elle entre dès 1940 dans la clandestinité et elle s'affirme comme agent très actif sous le nom de « Lapéda » (la pedagogue).
Elle participe aux opérations du B.O.A. (Bureau Opérations Aériennes) et en février 1944, elle prend en charge quatre membres d'une mission, parachutés par Londres dans le secteur de Malaville. Elle est arrêtée le 5 mars 1944. Deportée au camp de Ravensbruck, elle mourra le 24 avril 1945, au moment de la libération du camp. (Source « Le Cahier » d'Andrée Gros-Duruisseau)