24 août 1944 : L'Etang-Genevraux, Foquebrune et Torsac

Rédigé par Alain dans la rubrique Août 1944 : Direction AngoulêmeBrigade Rac

Extrait de l'ouvrage La brigade Rac

Direction Angoulême !

Action du 2e bataillon (Vieugeot) de la brigade Rac 24 août 1944


Vers 14 heures, un camion allemand s'arrête successivement sur la N. 674 à Houme, au Grand-Pré et à la Tricherie. Ce camion. chargé de munitions, est escorté de plusieurs véhicules dont l'un a une mitrailleuse en batterie. Ils sont encore au sud de l'Etang-Genevraux. Des femmes de passage, dont les papiers ont été vérifiés au barrage, ont l'imbécillité - comment appeler cela ? - de dire que les F.F.I. sont à l'Etang. 

Les Allemands, sur leurs gardes, prennent donc leurs dispositions de combat ; ils montent dans les maisons du voisinage, font des trous dans les toitures et, de là, arrosent les positions de la 5e Compagnie de la brigade Rac. Au même moment des explosions venant de la direction de Mouthiers indiquent qu'à faible distance une autre lutte est engagée.   

Laissons maintenant place au récit de l'abbé Mangon : 

Un soldat allemand est tué dans la cour de la Tricherie, les autres furieux se vengent sur les bestiaux qu'ils tuent à la mitraillette, dans les étables. Ils incendient ensuite la maison et les bâtiments. Ils atteignent le Grand-Pré et mettent le feu à la maison, M. Ferrand et son fils se sont enfuis pour rejoindre l'Etang-Genevraux et sont tués en chemin. Deux F.F.I. sont tués, Georges Fermigier et Jean Julien. Jean Gaillard, habitant de la commune, veut aller voir ce qui se passe, et on retrouvera son cadavre le lendemain. 

Un second Allemand est tué dans le champ de M. Rousseau et d'autres tentent de s'approcher du village de Homme, mais une mitrailleuse bien placée les empêche de progresser; plusieurs sont blessés ; ils inspectent les villages voisins. Ensuite les Allemands rassemblent leurs victimes dans une grange de chez Bitoux, dont ils interdisent l'entrée. Vers 2 heures du matin, ils font sortir de la maison la famille Bitoux qui croit sa dernière heure arrivée. Les soldats les tranquillisent en leur disant qu'ils ont décidé de faire sauter le camion de munitions ; obus, torpilles, grenades commencent à exploser en pleine nuit, jetant à nouveau l'effroi dans tout le voisinage. Des gens s'enfuient dans des carrières de pierres, d'autres gagnent des villages plus éloignés. Personne ne dormira cette nuit-là. 

Quand le jour se lève, au matin du 25 août, les Allemands sont partis emmenant leurs morts et leurs blessés. Le camion n'est plus qu'un tas de ferraille et les munitions qu'il transportait ne feront plus de victimes. Le Grand-Pré et la Tricherie sont des ruines fumantes. On relève les corps des morts. Un monument de pierre, sur la route, rappellera toujours leur souvenir.  


Le monument commémoratif se trouve au lieu-dit l'Etang-Genevraux sur la commune de Foquebrune en bordure de la D674 sur laquelle les noms des trois civils et des deux FFI sont gravés. (Mes remerciements à mon voisin M. Petit, qui m'a aidé trouver le monument).